Kundalini-Voyage autour du monde

vendredi 22 mai 2009

Gautama Bouddha
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Pour les articles homonymes, voir Bouddha (homonymie) et Gautama (homonymie).

Gandhara Bouddha, Ier-IIe siècle CE, Musée Guimet.
Siddhārtha Gautama (en pāli : Siddhattha Gotama) du clan Śākya, dit Shākyamuni (« sage des Śākya ») ou le Bouddha, fondateur historique d'une communauté de moines errants[1], qui devint par la suite le bouddhisme (en quoi le bouddhisme se distingue profondément de l'hindouisme qui s'appuie sur le Sannyâsa)[2], est un chef spirituel (gourou, « maître spirituel » en sanskrit) qui vécut au VIe siècle avant l'ère chrétienne.
Il aurait vécu à peu près quatre-vingts ans, mais les traditions ne s'accordent pas sur les dates exactes de sa naissance et de sa « mort » (ou parinirvāṇa) ; celles acceptées dans les pays de tradition pāḷi, 624-544, sont vraisemblables. Il est certain que son lieu de naissance est Kapilavastu — la capitale du clan, dans le Teraï népalais. Il est né de la reine Māyādevī et du roi Śuddhodana, dans une famille de kṣatriya (caste des guerriers-aristocrates).
Le titre de Bouddha (en sanskrit buddha, « éveillé », participe passé passif de racine sanskrite budh-, « s'éveiller ») lui a été accordé plus tard par ses disciples. Il est également connu comme un Tathāgata, « celui qui est venu/allé ainsi » prêcher la bonne Loi (ou dharma, en pāḷi dhamma). Le Bouddha est la figure clé du bouddhisme. On le nomme traditionnellement Bouddha Shākyamuni.
Sommaire[masquer]
1 Vie du Bouddha
1.1 Contexte
1.2 Vie au palais
1.3 Révélation
1.4 Pratiques
1.5 Éveil
1.6 Mise en mouvement de la roue de la loi
1.6.1 Enseignement
1.7 Sangha
1.8 la Mort du bouddha
2 Question de l'historicité
3 Douze actes
4 Personnalité et caractère du Bouddha
5 Caractéristiques physiques de Gautama Bouddha
6 Prédictions du Bouddha Shākyamuni
7 Gautama Bouddha dans les autres religions
7.1 Hindouisme et Inde
7.2 Islam
7.3 Christianisme
8 Gautama Bouddha dans la culture populaire
9 Notes et références
10 Bibliographie
11 Voir aussi
11.1 Articles connexes
11.2 Liens externes
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Vie du Bouddha [modifier]

Cet article fait partie de la série
Spiritualités indiennes
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Les récits de la vie du Bouddha se sont perpétués par la tradition orale et n'ont été mis par écrit pour la première fois que quelques centaines d'années après sa mort. Les écritures bouddhistes mélangent métaphysique et légendes concernant la vie du Bouddha. Certains épisodes, tel celui où il apaise un éléphant furieux que son cousin Devadatta aurait lâché sur lui pour le tuer afin de le remplacer à la tête de la communauté des moines, peuvent être acceptables pour le lecteur matérialiste, d'autres, tels ses conversations avec les dieux ou sa téléportation instantanée au Śrī Laṅkā, ne le sont pas. Dépouillé de ses aspects métaphysiques ou magiques, un résumé de sa vie pourrait être le suivant (les aspects légendaires célèbres sont cependant indiqués entre crochets) :

Contexte [modifier]
Le bouddhisme naît dans le contexte de l'Inde védique : Les Veda sont des livres très respectés. L'Inde est marquée par un système de castes.
Différents maîtres développent leur vision du nirvāņa, et présentent un moyen de l'atteindre.
Différentes notions de l'hindouisme se verront remaniées dans le bouddhisme, comme le concept de réincarnation, de karma, les dhyanas, le statut de dieux comme Brahma.
Le bouddhisme ancien considère différentes écoles, naissant au même moment que lui, dont le jaïnisme, seule de ces écoles ayant survécu de nos jours.
Le Brahmajalasutta énumère différentes vues contemporaines du bouddhisme.

Vie au palais [modifier]
Siddhārtha Gautama naît à Lumbinî, un village sur les contreforts de l'Himalaya, à côté de la ville de Kapilavastu, dans la caste des kshatriya, guerriers-aristocrates. Son père est Śuddhodana, le chef de Kapilavastu, et sa mère la reine Māyādevī.
Le récit de sa naissance donne lieu à une légende célèbre : il serait né dans un bois sacré non loin de la cité de son père, à Lumbinî au Népal, pendant un déplacement de Māyādevī auprès de ses parents : selon la légende, sa mère (dont le nom signifie « illusion ») aurait conçu Siddhārtha en songe, pénétrée au sein par un éléphant blanc à six défenses. C'est debout, sur la route qui la conduisait chez ses parents, qu'elle aurait enfanté, accrochée à une branche d'arbre, tandis que les divinités brâhmaniques faisaient pleuvoir des pétales de fleurs sur elle. Sitôt né, l'enfant se serait mis debout et aurait « pris possession » de l'Univers en se tournant vers les quatre points cardinaux, puis aurait fait sept pas vers le nord. Māyādevī serait morte une semaine plus tard, confiant son fils à sa sœur et co-épouse Mahaprajapati Gautami (Mahāprajāpatī Gautamī) à qui Siddhartha pourrait devoir son nom usuel de Gautama.
À seize ans, il épouse la jeune princesse Yaśodharā qui lui donne un fils, Rāhula. Toutes les traditions concordent sur le fait qu'il est contemporain des deux rois du Magadha, Bimbisâra et de son fils Ajataśatru.
Il passe toute son enfance protégé dans l'enceinte du palais familial, dans le respect de l'hindouisme et élevé en guerrier, selon sa caste. Son père en effet, qui avait été averti que son fils serait soit un grand kṣatriya, soit un bouddha, empêche par une vie de facilité qu'il réfléchisse aux difficultés et à la souffrance des hommes, afin qu'il ne devienne pas un sage.

Révélation [modifier]
À 29 ans, alors qu'il se promène hors de l'enceinte du palais, il découvre la souffrance (dukkha) endémique de son peuple qui lui avait été cachée jusqu'alors et le fossé qui la sépare du luxe de sa vie aristocratique.
La légende rapporte que ce sont quatre rencontres qui changent sa vie : un vieillard lui fait prendre conscience de la souffrance du temps qui passe et de la déchéance du corps vieillissant ; un malade lui apprend que le corps souffre aussi indépendamment du temps et un cadavre que l'on menait au bûcher lui révèle la mort dans tout son caractère sordide. Enfin, un ermite lui montre ce que peut être la sagesse.

Pratiques [modifier]
Il rejette alors titre et palais et commence une vie d'ascèse, suivant les enseignements de plusieurs ermites renonçants, des saṃnyāsin ou des sâdhu, et entreprend des pratiques méditatives austères.
Le Bouddha fut influencé par les concepts de son époque. Il eut pour maître le brahmane Arada Kalama , mais ce qu'il apprit - maîtriser le septième dhyāna, la sphère du néant - ne lui sembla pas suffisant. Il se rendit à Rajagrha et prit comme second maître Udraka Ramaputra, qui lui enseigna le huitième dhyāna, la sphère de ni perception ni non-perception. Là encore, le Bouddha estima ne pas avoir trouvé la voie vers le nirvana.
Pendant six ans, il pratiqua les austérités avec cinq autres ascètes méditants. Il faillit mourir d'abstinence et décida de trouver une autre voie ; ses amis pensèrent qu'il délaissait la pratique.

Éveil [modifier]
Six ans plus tard, alors qu'il se trouve dans le village de Bodh-Gayā, constatant que ces pratiques ne l'ont pas mené à une plus grande compréhension du monde, il les abandonne et accepte des mains d'une jeune fille du village, Sujāta, un bol de riz au lait, mettant ainsi fin à ses mortifications et se concentre sur la méditation et la voie moyenne, celle qui consiste à nier les excès, comparable au « rien de trop » delphique : en sorte, il s'agit de refuser le laxisme comme l'austérité excessive. Les cinq disciples qui le suivaient l'abandonnent, jugeant cet acte comme une trahison de sa part.
Siddhārtha Gautama s'assied alors sous un pipal (Ficus religiosa) et fait le vœu de ne pas bouger de cette place avant d'avoir atteint la Vérité.
Là encore, plusieurs légendes racontent comment Māra, démon de la mort, effrayé du pouvoir que le Bouddha allait obtenir contre lui en délivrant les hommes de la peur de mourir, tente de le sortir de sa méditation en lançant contre lui des hordes de démons effrayants et ses filles séductrices. En vain : c'est dans une posture demeurée célèbre dans l'iconographie bouddhiste que Siddhārtha prend la terre à témoin de ses mérites passés, accède à l'éveil et nie simplement les présences démoniaques sans les combattre, en toute sérénité.

Mise en mouvement de la roue de la loi [modifier]
Gautama Bouddha, après avoir atteint l'éveil, hésite à enseigner : il se demande si une telle parole sera entendue. La tradition fait intervenir un Naga qui le convainc de faire profiter l'humanité de sa connaissance.
La mise en mouvement de la roue de la loi désigne le premier sermon de Gautama, dans lequel il énonce les quatre nobles vérités.Il affirme qu'il a réalisé l'éveil ou la compréhension totale de la nature et des causes de la souffrance humaine et des étapes nécessaires à son élimination. Cette illumination, possible pour tous les êtres, s'appelle la bodhi et donne son nouveau nom à Siddhārtha : celui qui a atteint la bodhi est un Bouddha.
Gautama Bouddha a bien insisté sur le fait qu'il n'était ni un dieu, ni le messager d'un dieu et que l'illumination n'était pas le résultat d'un processus ou d'un agent surnaturel, mais plutôt le résultat d'une attention particulière à la nature de l'esprit humain, et qu'elle pourrait être redécouverte par n'importe qui pour son propre profit.Deux interprétations différentes de cette affirmation départagent le bouddhisme ancien et le bouddhisme Mahāyāna. La première est qu'il est possible à chacun, en tant qu'auditeur de l'enseignement de Gautama, d'atteindre l'éveil et de sortir du Samsara (Saṃsāra).La deuxième est que tout être sensible possède en lui la nature de Bouddha (tathāgatagarbha), véritable nature de l'esprit, appelée parfois « graine d'éveil ». Cette interprétation, qui postule l'existence d'une nature universelle ontologique ou transcendante, est rejetée par le théravāda orthodoxe.

Enseignement [modifier]

Temple de Bodnath à Katmandu, Nepal
L'enseignement de Gautama Bouddha est couvert dans l'article Bouddhisme, section Doctrine. Les principaux concepts en sont l'impersonnalité, l'impermanence et l'insatisfaction de toute chose, devant conduire au renoncement face au désir insatiable. Il distingue une réalité conventionnelle et une réalité ultime, cette dernière ne pouvant être découverte que par l'accomplissement personnel, l'illumination.
Gautama Bouddha présenta son enseignement comme la redécouverte d'une vérité autrefois enseignée par les Bouddhas du passé, dont Dipankara qui lui prophétisa qu'il serait le Bouddha de notre ère. Cette vérité continuera d'être enseignée par les Bouddhas du futur, le prochain sera Maitreya. (voir les vingt-huit bouddhas)
Selon le bouddhisme mahāyāna, il n'y a pas un seul enseignement, mais plusieurs mises en mouvement de la roue de la loi, puisque Shākyamuni enseigna d'abord les sûtras de première roue, puis de deuxième, puis de troisième. Ces différentes périodes d'enseignement correspondent à des auditeurs différents ; l'enseignement est adapté à la capacité réceptive de son public. Le bouddha Shākyamuni a déclaré dans le Soutra du Lotus qu'il n'y a qu'un seul véhicule (« ekayāna »), le véhicule du bouddha.
Son message est simple. L'homme est identifié aux pensées et aux émotions. Elles l'empêchent de vivre dans le présent et dans la clarté. Le remède : la méditation. Bouddha a crée la méditation Vipassana, c'est la plus connue des méditations, car elle est l'essence même de toutes méditations.
Elle consiste à s'asseoir, à fermer les yeux et à rester attentif au mouvement de la respiration et à observer le mental, ce processus de pensées et d'émotions qui ne s'arrêtent jamais. Cette technique amène détachement, sérénité et bien-être intérieur.
Jusqu'à la fin de sa vie, Gautama le Bouddha insista sur le fait de toujours continuer à chercher. Ces derniers mots ont été « sammasati » ce qui signifie « rappelez-vous, vous êtes un bouddha ».

Sangha [modifier]
Pendant les quarante-cinq années restantes de sa vie, il voyage dans la plaine gangétique du centre de l'Inde (la région du Gange et de ses affluents), enseignant sa pratique en matière de méditation à une grande variété de personnes, allant des nobles aux balayeurs des rues, et sans oublier les disciples des philosophies et religions. Il fonde la communauté des moines et des nonnes bouddhistes (le saṅgha) pour perpétuer ses enseignements après sa disparition (considéré comme le parinirvana (parinirvāṇa)ou « nirvâna complet »).
La pédagogie du Bouddha
Le Bouddha était très attentif à ses auditeurs afin de s'harmoniser avec eux. D'où les méthodes d'enseignements différentes [1] :
Il expose directement sa doctrine dans les sermons.
Il semble laisser le choix à ses auditeurs :
« Il m'a insulté. Il m'a battu. » Si tu te plains, ta haine ne s'apaisera pas.
« Il m'a insulté. Il m'a battu. » Si tu ne te plains pas, ta haine s'apaisera.
En ce monde la haine n'apaise pas la haine, mais l'absence de haine le fait : c'est une loi éternelle[3]
Il enseigne et console indirectement : une mère vient, en larmes, lui présenter son enfant mort pour qu'il le ressuscite. Le Bouddha accepte à condition qu'elle trouve dans la ville une maison où un malheur semblable n'est pas arrivé. Elle parcourt la ville et n'en trouve pas bien entendu. Mais quand elle revient son chagrin a commencé à s'apaiser. Elle n'était pas seule dans son malheur, et d'autres mères malheureuses ont su trouver les mots qui l'ont calmée[1].
Il semble donner raison à tout le monde : le Bouddha, en compagnie de quelques disciples, reçoit des visiteurs. Un croyant vient lui expliquer que Dieu existe. Le Bouddha l'écoute et lui dit : « Vous avez raison. » Le croyant sort satisfait. Un incroyant vient lui expliquer que Dieu n'existe pas. Le Bouddha l'écoute et lui dit : « Vous avez raison. » L'incroyant sort satisfait. Par contre, les disciples ne le sont pas et le disent bruyamment. Et le Bouddha leur dit : « Vous aussi, vous avez raison. »[1]
Il écoute ses disciples et les approuve silencieusement, quelquefois avec un simple geste : entouré de ses disciples il venait de recevoir une couronne de fleurs. Il prit une seule fleur, tendit le bras, la fit tourner au bout de son doigt et parcourut du regard l'assistance. Tous se turent, déconcertés. Seul Mahākaśyapa comprit la signification de ce message et sourit. Le Bouddha déclara alors qu'il lui transmit une méthode merveilleuse et qu'il faisait de lui son successeur[4].

la Mort du bouddha [modifier]
Le Bouddha mourut, selon la tradition bouddhiste, en 544 avant notre ère[1]. Il avait alors quatre-vingt ans[1]. Il expira en méditant, couché sur le côté droit, souriant : on considéra qu'il avait atteint le nirvâna, la volontaire extinction du soi[1]. Le Bouddha n'aurait pas souhaité fonder une religion[1]. Après sa mort s'exprimèrent des divergences d'opinions qui, en l'espace de huit siècles, aboutirent à des écoles très différentes[1].
La tradition veut que Bouddha se serait éteint près de la localité de Kushinagara.
Les derniers mots du Bouddha sont : « Toutes les énergies constructrices sont impermanentes ; Travaillez efficacement sans relâche ; Soyez d'intention bien concentrée ; Surveillez la pensée ! »
Quatre conciles, c'est-à-dire quatre assemblées, se tinrent successivement jusqu'au IIIe siècle ap. J.-C. pour tenter de définir les textes essentiels communs à tous les bouddhistes, indépendamment de leur secte[1]. Ce furent à chaque fois des échecs : on retint donc les principes essentiels : les quatre Nobles Vérités et les trois joyaux ; pour le reste ils notèrent les différences entre l'école du Véhicule des Anciens, et celle du Grand Véhicule[1].
Il existe plusieurs reliques du Bouddha. Pour remercier l'ONU d'avoir décrété jour férié la fête du Vesak, la Thaïlande, le Sri Lanka, ainsi que le Myanmar ont décidé de transférer douze de ses ossements au siège des Nations unies, à New York.

Question de l'historicité [modifier]
Toutes les sources s'accordent à considérer une durée de vie du bouddha historique de quatre-vingt ans. En dehors de ce point, les estimations varient :
961 a.v. J.-C. à 881 a.v. J.-C. selon la chronologie tibétaine
- 566 à - 486 selon le theravada et en occident
-463 à -383 (estimations japonaises récentes).
L'enseignement de Gautama fut oral, et s'est longtemps perpétué de manière orale ; le canon pali ne fut rédigé qu'au Ier siècle.L'approche historique de l'enseignement de Gautama est peu fournie.

Douze actes [modifier]

Bouddha faisant le geste de l'apaisement de la crainte (Abhayamudrā)
La tradition indo-tibétaine relate la vie du bouddha en douze actes :
La descente des cieux Tusita
L'entrée dans la matrice
La naissance dans ce monde
L'accomplissement dans les arts mondains
La jouissance d'une vie de plaisir
Le départ du palais et le renoncement
Les exercices ascétiques
La méditation sous l'arbre de la Bodhi
La défaite des hordes de Māra
L'atteinte de l'éveil parfait et ultime
La mise en mouvement de la roue de la loi
L'entrée au parinirvana

Personnalité et caractère du Bouddha [modifier]
Le Bouddha présenté dans les écritures bouddhistes possède les traits caractéristiques suivants :
une éducation achevée et une formation dans les domaines appropriés à un guerrier aristocrate, tels que les arts martiaux, la gestion des domaines agricoles, et la littérature, mais également une compréhension profonde des idées religieuses et philosophiques de sa culture et de son temps. Siddhārtha Gautama était un homme sportif, compétent en arts martiaux tels que la lutte et le tir à l'arc, et qui pouvait parcourir des kilomètres sans difficulté et camper dans la nature sauvage. Les images du gros « Bouddha gai » ou Bouddha riant ne sont pas des représentations de Siddhārtha Gautama.
un enseignant idéal, qui trouve toujours la métaphore appropriée, et qui adapte à la perfection son message à son auditoire, quel qu'il soit.
courageux et serein en toutes circonstances, aussi bien lors d'une discussion religieuse, que face à un prince parricide, ou à un meurtrier. Il fait cependant preuve d'exaspération lorsque des moines déforment ses enseignements.
modéré dans tous les appétits corporels, il connaît une vie de célibat de l'âge de vingt-neuf ans jusqu'à sa mort. Il est aussi indifférent à la faim qu'aux rigueurs du climat.

Caractéristiques physiques de Gautama Bouddha [modifier]
Bien que les représentations de Gautama furent un premier temps symboliques, ne le représentant sous forme humaine qu'à partir du Ier siècle, ses caractéristiques physiques sont décrites dans le Canon en pāli.
Gautama est présenté comme grand, robuste et de belle apparence. Ses yeux sont bleus, sa peau dorée.

Prédictions du Bouddha Shākyamuni [modifier]
Il est dit que le Bouddha Shākyamuni a parlé de la venue de Tsongkhapa au Tibet comme une émanation du Bodhisattva Manjusri.[5] Le Bouddha Shākyamuni a aussi déclaré que le Bodhisattva Avalokiteshvara apporterait le bouddhisme au Tibet.

Gautama Bouddha dans les autres religions [modifier]

Hindouisme et Inde [modifier]
Article détaillé : Bouddha dans l'hindouisme.

Emblème de l'Inde, symbole du premier Empire de l'Inde entière, celui d'Ashoka
Dans ce pays si religieux, où les textes déclarent que « tous les bouddhas naissent en Inde, prêchent en Inde et y atteignent le Nirvâna », le Bouddha Sâkyamuni ne fait pas exception. Pendant de nombreux siècles (du Ve siècle au VIIe siècle apr. J.-C.), le bouddhisme sera vulgarisé et transmis dans toutes les régions de l'Inde. Les souverains accepteront eux aussi de soutenir cette religion, même contre l'hindouisme. À cette époque, et dans ce climat de consensus, l'art, l'architecture, la peinture, et toutes les activités culturelles de l'Inde connaîtront un éclat incomparable[6].

La Roue de la Loi, symbole bouddhiste sur le drapeau indien
Mais les moines bouddhistes deviendront trop riches, leur message perdra de sa cohérence[6].
Lorsque la contre-réforme hindouiste réussit vers le XIIe siècle à assimiler le bouddhisme en terre indienne, les brahmanes parachevèrent cette renaissance de l'hindouisme en considérant le Bouddha comme étant le neuvième avatar de Vishnou. Au vingtième siècle, les publications de textes et les incitations d'étrangers, surtout de Sir Edwin Arnold, aboutiront au choix par les autorités indiennes de la Roue de la Loi comme emblème national. Ainsi donc, le symbole de compassion du Bouddha pour tous les êtres vivants rappelle la pureté de son premier message[6].
Il est peu probable que le Bouddha (historique) ait considéré l'ensemble de ses enseignements philosophiques comme une religion proprement dite[7]. Bien qu'il ait mis sur pied un ashram, tel n'importe quel Gourou qui accepte d'offrir ses enseignements, le dernier message qu'il adressa à ses disciples fut de « rechercher avec diligence leur Salut »[7].
En 78, c'est le quatrième concile bouddhiste, qui, cinq cent ans après la mort du Bouddha, fut considéré comme un moment critique, car le Bienheureux avait prédit que son ashram ne durerait que cinq siècles[7] ; en conséquence, si l'on veut respecter la parole du Bouddha aujourd'hui, on n'a donc nul besoin de se considérer « bouddhiste »[7]. En cela, l'hindouisme n'a pas « récupéré » le Bouddha dans son panthéon, en en faisant un avatâr de Vishnou, un dieu terrestre à vénérer, puisque le Bienheureux lui-même considérait que son ashram n'avait pas à durer indéfiniment.
En Inde, tous les lieux associés à la vie du Bouddha sont toujours des centres de pèlerinage, non seulement pour les bouddhistes, mais aussi pour les hindous de tous les milieux, car, en tant qu'avatar de Vishnou, on le considère comme un grand goûroû (« maître spirituel »)[8].

Islam [modifier]
« Si vous désirez voir le plus noble de l'humanité, regardez le roi dans l'habillement du mendiant ; c'est lui dont la sainteté est grande parmi les hommes. » - Abu al-Atahiya, Poète arabe.
Avec l'expansion de l'islam, la classe monastique bouddhiste a rejoint ce qu'on en est venu à appeler l'« islam monastique » - le Soufisme - qui a produit beaucoup de poètes et de scientifiques. L'ordre de Qalandariyah Sufi, mouvement mystique musulman surgi au IXe siècle en raison du Malamatiyya et établi au Khorasan (Perse orientale) au XIe siècle, a attiré beaucoup de moines bouddhistes.
Les pratiques ascétiques de la philosophie soufi évoquent celles du bouddhisme. On peut reconnaître une similarité entre la notion bouddhiste de purification de l'esprit de toutes les choses mauvaises et le désir de se confondre avec le Nirvâna immuable, et le vuslat (communion avec Dieu) de la philosophie soufi.
« La mission du Bouddha avait un caractère tout à fait unique, et se tient donc tout à fait à part parmi les nombreuses autres religions du monde. Sa mission était de faire voler les oiseaux de l'idéalisme plus près de la terre, parce que la nourriture de leur corps appartient à la terre. » - Hazrat Inayat Khan.
Le musulman indien Maulana Abul Kalam Azad a suggéré dans un commentaire du Coran que Siddhartha Gautama serait le Prophète de l'Islam Dhū'l-Kifl référencé dans les sourates 21 et 38, ainsi que les personnages bibliques Ismaël, Idris (Enoch), et Élisée. Il a proposé de voir dans le Kifl de Dhū'l-Kifl, qui en arabe signifie « propriétaire d'une double part », une déformation de Kapilavastu où le Bouddha a passé sa jeunesse. Néanmoins, il n'y a aucune preuve directe pour soutenir cette spéculation, et selon d'autres auteurs, Dhū'l-Kifl n'était qu'un homme juste et pas un prophète, ou alors il était le prophète Ézéchiel mentionné dans la Bible.

Christianisme [modifier]
Dans le christianisme, la légende du Bouddha serait à l'origine de celle de saint Josaphat, dont le nom proviendrait du sanskrit bodhisattva.

Gautama Bouddha dans la culture populaire [modifier]
La personne de Gautama Bouddha a inspiré nombre de créations artistiques en dehors du bouddhisme. Cette liste n'en recense que quelques unes ; voir aussi art bouddhique.
Siddharta (1922) est un roman de Hermann Hesse
Bouddha est un manga de Osamu Tezuka paru dans un magazine de 1974 à 1984.
Sur les Traces de Siddhartha de Thich Nhat Hanh.
Little Buddha, un film de 1993 de Bernardo Bertolucci avec Keanu Reeves dans le rôle de Buddha.

Notes et références [modifier]
abcdefghijk  Le bouddhisme, BT2, ISBN 287785486
Encyclopédie des Religions, Gerhard J. Bellinger, ISBN 2-253-13111-3
D'après Le Bouddha Dhammapala : les stances de la Loi, GF n°849, Ed. Flammarion, 1997.
Le bouddhisme, BT2, ISBN 287785486. Il s'agit d'une tradition propre à l'école zen ; les récits précédents viennent des autres traditions et sont racontés sous des formes diverses. L'épisode de la mère malheureuse montre qu'en partageant les chagrins on les diminue. Celui sur l'existence ou non de Dieu montre qu'une croyance athée ou théiste ne s'impose pas à autrui. Enfin, l'anecdote de la fleur montre qu'un seul disciple est vraiment attentif et comprend ce que le Bouddha a voulu signifier, et que celui-ci, en conséquence, est digne d'être son successeur et premier disciple.
Biography of Tsongkhapa [archive]
abc  Encyclopédie des religions, Gerhard J. Bellinger, ISBN 2-253-13111-3
abcd  d'après L'ART INDIEN, Roy C. Craven, ISBN 2878112547
La vache sacrée, Tarun Chopra, ISBN 81-7234-041-9

Bibliographie [modifier]
André Bareau, Recherches sur la biographie du Buddha, Presses de l'École française d'Extrême-Orient, 3 vol., 1963, 1970 et 1971 ;
Daisaku Ikeda, La Vie du Bouddha. Une biographie interprétative, éditions du Rocher, coll. « Tradition », 1993 (ISBN 2-268-01570-X)).
Thich Nhat Hanh Sur les traces de Siddhartha; La vie du Bouddha., traduit par Phillippe Kerforne. JC Lattès, 1996. 522 p.
Hans Wolfgang Schumann, Le Bouddha historique, éditions Sully, 1999 ;
A. Foucher, La Vie du Bouddha d'après les textes et les monuments de l'Inde, éditions Maisonneuve, 1993 ;

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]
Gautama Bouddha dans une encyclopédie française du XIXe siècle
Bouddhisme
Lumbinî
Piprâwâ
Bodh-Gaya
Sârnâth
Kusinâgar
Stûpa
Bouddha dans l'hindouisme
Famille du Bouddha

Voir sur Wikisource : Gautama Bouddha.

Liens externes [modifier]
La vie du Bouddha
(en)Informations sur Gotama avec références dans le canon pali
Les images de Bouddha
La Vie du Bouddha, de André-Ferdinand Herold, 1922

publié par Julien à

pédagogie du bouddha

La pédagogie du Bouddha
Le Bouddha était très attentif à ses auditeurs afin de s'harmoniser avec eux. D'où les méthodes d'enseignements différentes
:
Il expose directement sa doctrine dans les sermons.
Il semble laisser le choix à ses auditeurs :
« Il m'a insulté. Il m'a battu. » Si tu te plains, ta haine ne s'apaisera pas.
« Il m'a insulté. Il m'a battu. » Si tu ne te plains pas, ta haine s'apaisera.
En ce monde la haine n'apaise pas la haine, mais l'absence de haine le fait : c'est une loi éternelle

Il enseigne et console indirectement : une mère vient, en larmes, lui présenter son enfant mort pour qu'il le ressuscite. Le Bouddha accepte à condition qu'elle trouve dans la ville une maison où un malheur semblable n'est pas arrivé. Elle parcourt la ville et n'en trouve pas bien entendu. Mais quand elle revient son chagrin a commencé à s'apaiser. Elle n'était pas seule dans son malheur, et d'autres mères malheureuses ont su trouver les mots qui l'ont calmée.
Il semble donner raison à tout le monde : le Bouddha, en compagnie de quelques disciples, reçoit des visiteurs. Un croyant vient lui expliquer que Dieu existe. Le Bouddha l'écoute et lui dit : « Vous avez raison. » Le croyant sort satisfait. Un incroyant vient lui expliquer que Dieu n'existe pas. Le Bouddha l'écoute et lui dit : « Vous avez raison. » L'incroyant sort satisfait. Par contre, les disciples ne le sont pas et le disent bruyamment. Et le Bouddha leur dit : « Vous aussi, vous avez raison. »

Il écoute ses disciples et les approuve silencieusement, quelquefois avec un simple geste : entouré de ses disciples il venait de recevoir une couronne de fleurs. Il prit une seule fleur, tendit le bras, la fit tourner au bout de son doigt et parcourut du regard l'assistance. Tous se turent, déconcertés. Seul Mahākaśyapa comprit la signification de ce message et sourit. Le Bouddha déclara alors qu'il lui transmit une méthode merveilleuse et qu'il faisait de lui son successeur
.

Libellés :

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Zen

Zen
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La calligraphie de l'Enso (jap., Cercle) symbolise la vacuité et l'achèvement dans le bouddhisme zen.
Le zen est une forme de bouddhisme mahāyāna qui insiste sur la méditation (Dhyāna), ou « illumination intérieure » et particulièrement sur la posture dite de zazen.
Le mot zen est la romanisation de la prononciation japonaise du caractère 禅 ou 禪, (« méditation silencieuse »), prononcé chán en mandarin, le mot ayant été emprunté au sanskrit dhyāna, en pâli jhāna (« recueillement parfait »).
Le zen se réfère au chan chinois influencé par le taoïsme et, plus particulièrement, à la posture de méditation de Siddharta Gautama lorsqu'il obtint l'éveil sous l'arbre de la Bodhi il y a 2500 ans en Inde.
Sommaire[masquer]
1 Histoire
1.1 Origines
1.1.1 Liste des patriarches du zen
1.2 De l'Inde à la Chine
1.3 Le chan en Chine
1.4 De la Chine à la Corée
1.5 De la Chine au Japon
2 Approche
3 Textes
4 Notes
5 Bibliographie
6 Voir aussi
6.1 Articles connexes
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Histoire [modifier]

Origines [modifier]
La légende de l'origine de la tradition zen et de la lignée de ses maîtres remonte à un sermon du Bouddha Shākyamuni à ses disciples alors qu'ils étaient réunis sur le pic des vautours, relaté dans le Sūtra Lankavatara. Pour tenter d'expliquer un point de son enseignement, il se contenta de cueillir silencieusement une fleur d'Udumbara. Aucun des disciples n'aurait compris le message qu'il tentait de faire passer, à l'exception de Mahâkâshyapa, qui aurait souri au Bouddha. Celui-ci lui aurait alors dit devant l'assemblée qu'il lui avait ainsi transmis son trésor spirituel le plus précieux. C'est une préfiguration de la description du chan que l’on prêtera à Bodhidharma : « pas d’écrit, un enseignement différent (de tous les autres), qui touche directement l’esprit pour révéler la vraie nature de bouddha » (« 不立文字、教外別傳, 直指人心,見性成佛 »).

Liste des patriarches du zen [modifier]
Liste rapportée par la tradition des vingt-huit patriarches de l’école avant son arrivée en Chine et liste des sept premiers patriarches du chan chinois :
Mahâkâshyapa
Ananda
Shanavâsa
Upagupta
Dhritaka
Micchaka
Vasumitra
Buddhanandi
Buddhamitra
Bhikshu Parshva
Punyayashas
Ashvagosha
Bhikshu Kapimala
Nâgârjuna
Kânadeva
Arya Râhulata
Sanghanandi
Sanghayashas
Kumârata
Jayata
Vasubandhu
Manura
Haklenayashas
Bhikshu Simha
Vâshasita
Punyamitra
Prajñâtara
Bodhidharma
Bodhidharma [1] 440?-528?
Huike [2] 487593
Sengcan [3] ? – 606
Daoxin [4] 580651
Hongren [5] 601674
Huineng [6] 638713 (remplace en 796 Shenxiu 607?-706 de l'école du Nord[7]
Shenhui 670? –760? (remplace en 796 Puji 651-739 de l'école du Nord)[8]

De l'Inde à la Chine [modifier]

Une représentation de Bodhidharma
Bodhidharma, vingt-huitième patriarche dans la filiation indienne, serait venu en Chine autour de 520[réf. nécessaire]. Les différents textes chinois qui le mentionnent ne s’accordent pas exactement sur son origine (Kânchîpuram au sud de l’Inde ou Perse), ni sur sa route (arrivé par l’Ouest ou par un port du Sud-Est). On lui prête un attachement particulier pour le Sūtra Lankavatara, et la première école chan constituée est connue sous le nom d'école Lankâ (楞伽宗).
Une légende attestée à partir du XIe siècle au monastère de Shaolin en attribue la fondation à Bodhidharma, en faisant ainsi l’initiateur des arts martiaux d'Extrême-Orient. Néanmoins, bien qu’il existe au Kerala un type de yoga offrant une certaine similitude extérieure avec le kung-fu, des gymnastiques de type qigong semblent être mentionnées sur des textes chinois datant du Ve siècle av. J.-C., et les arts martiaux au mont Song ont précédé Bodhidharma, si tant est qu'il s'y rendît jamais.

Le chan en Chine [modifier]
Article détaillé : Chan (bouddhisme).

De la Chine à la Corée [modifier]
Au IXe siècle, le bouddhisme chan, appelé Son en Corée, fut intégré au bouddhisme étatique déjà présent depuis le IVe siècle. Le Son coréen pratique la prosternation, le chant, la méditation assise. Il utilise des mantras et des gong'an ou kōan (nom japonais).
Le Zen Coréen, trouva sa plus grande expression dans l'Ordre Chogye (plus de 9000 temples de nos jours), un des plus anciens ordres monastiques bouddhiques toujours présent et très vivant de nos jours. Le nom de Chogye néanmoins ne date que du XIVème siècle, c’est à cette époque que le Zen coréen adopte le nom de Chogye (ch. Caoxi), qui est le nom de la résidence du sixième patriarche chinois de l’école zen, Caoxi Huineng (VIIe siècle). L'ordre Chogye n'est que l'appellation de l'héritage monastique des neuf montagnes, qui nait aux environs du IVème siècle de notre ère et ce fut depuis le VIème siècle qu'il s'imprégna profondément et définitivement du Chan (Zen) et de sa philosophie et spiritualité.
La Corée influença fortement tous les arts qui furent par la suite affiliées au Zen tel qu'on le connaît et reconnaît aujourd'hui. Notamment les arts esthétiques et les arts martiaux, héritage direct d'une Chine florissante et profondément attachée à la justesse de la voie. L'ordre monastique Chogye puise ses racines dans la plus ancienne tradition Zen, c'est à dire l'Ecole Linji (en japonais Rinzai) et en conserve le plus pur héritage, particulièrement dans la transmission orale d'esprit à esprit entre Maîtres et disciples par le moyen des Kong An (Koan en japonais). Le lignage de l'ordre Chogye d'ailleurs descend directement de Linji. Un des grands Maîtres Coréens, par ailleurs réformateur de celle-ci, fut le Maître Chinul (1158-1210).

De la Chine au Japon [modifier]
Du VIe au XIIIe siècle, le bouddhisme zen fut importé de Chine au Japon, par vagues successives. C'est au XIIIe siècle que le moine Dōgen (道元, Dōgen?) importa le zen Sōtō (曹洞, Sōtō? en mandarin caodong), et le moine Eisai (栄西, Eisai? parfois appelé Yōsai) le zen Rinzai (臨済, Rinzai? Linji en mandarin). Ces deux écoles, comme en Chine à partir des Song, constituent encore aujourd'hui avec l'école obaku le paysage du zen japonais. C'est le zen Rinzai qui va cependant s'imposer, du moins politiquement dans un premier temps, avec la mise en place du système dit des Cinq Montagnes où « Cinq grands temples » (五山, Gozan?) chapeautent tous les autres. En fait il y aura dix temples, cinq à Kyōto et cinq à Kamakura, qui varieront au fil du temps. Le courant zen et la pratique du zazen (méditation assise pratiquée pour atteindre l'éveil) eurent beaucoup de succès au Japon et s'accompagnèrent du développement par les moines de plusieurs arts et techniques, soit directement importés de Chine, soit créés localement en intégrant des éléments du nord de la Chine et de la Corée. On peut citer comme exemple l'usage du thé ou l'esthétique simple et dépouillée. Le zen japonais est aussi fortement influencé par le taoïsme, dont on retrouve certains symboles et notions.
Filiation chinoise (chan) des écoles japonaises :
Sōtō se rattache à caodong (曹洞宗) fondé par Dongshan Liangjie (洞山良价 Tōzan Ryōkai en japonais, ? - 869).
Rinzai se rattache à la lignée de zhishen (智詵 ?-702), deuxième disciple de Huineng selon la monographie de l'école Lankâ (楞伽人法志), par l'intermédiaire de Mazu Daoyi (馬祖道一 ?-788), Baizhang Huaihai (百丈懷海, Hyakujo Ekai en japonais, 720-814), Huangbo Xiyun (黃檗希運 Obaku Kiun en japonais) et Linji Yixuan (臨濟義玄 Rinzai Gigen en japonais, ?-866).
Beaucoup plus tard ōbaku, fondé par Yinyuan Longqi (隱元隆琦, Ingen Ryuki en japonais, 1592-1613), fera également remonter sa lignée à Huangbo Xiyun (黃檗希運 Obaku Kiun en japonais), maître de Rinzai.
Ummon de réclame de Yunmen Wenyan (雲門文偃, Ummon Daishi en japonais, 864? - 942).

Approche [modifier]
On peut grossièrement dire que le zen Sōtō met l'accent sur la pratique de zazen (de za assis et zen méditation) et de shikantaza (seulement s'asseoir) alors que le zen Rinzai insiste plus sur les kōan, apories, paradoxes à visée pédagogique. L'Ecole Kwan Um, insiste sur l'importance du dialogue d'esprit à esprit (Kong An),et l'accent est mis sur l'assise méditative (ZaZen) régulière; néanmoins plus que la tenue du corps, c'est la tenue de l'esprit qui est enseignée et accompagnée. Mais aussi l'Ecole Kwan Um attache beaucoup d'importance aux "classes de Soutras", c'est à dire à l'étude des textes bouddhiques.
Zazen est l'éveil (satori) : la pratique elle-même est réalisation; pratique et éveil sont comme la paume et le dos de la main. Il suffit de s’asseoir immobile et silencieux pour s’harmoniser avec l’illumination du Bouddha. Néanmoins, selon la logique zen, même l'éveil ne saurait être un but en soi.
Les kōan (école Rinzaï) sont des propositions le plus souvent absurdes ou paradoxales que pose le maître et que le disciple doit dissoudre (plutôt que résoudre) dans la vacuité du non-sens, et, par suite, noyer son moi dans une absence de tensions et de volonté, que l'on peut comparer à la surface parfaitement lisse d'un lac reflétant le monde comme un miroir.
Comme toutes les versions sinisées du bouddhisme, le zen appartient à l'ensemble mahâyâna qui affirme que chacun possède en soi ce qu'il faut pour atteindre l'illumination. Certaines écoles (tiantai, huayan) considèrent que chacun et toute chose est « Nature de bouddha ». La position zen, plus proche du courant philosophique idéaliste yogaçara, considère selon certains que la seule réalité de l'univers est celle de la conscience ; il n'y a donc rien d'autre à découvrir que la vraie nature de sa propre conscience unifiée.

Textes [modifier]
Malgré la définition du chan comme « sans écrit » (en mandarin buliwenzi 不立文字) attribuée à Bodhidharma, des sutras ont inspiré une partie de son enseignement : le Sûtra du Lanka lui-même insiste sur la nécessité des écritures d'une part, et sur la nécessité d'autre part de ne pas leur accorder de valeur absolue ; certains maîtres ont laissé des écrits, des disciples ont rassemblé l'enseignement de leurs maîtres dans des recueils.
Parmi les sutras, on peut citer en premier lieu le Sūtra Lankavatara rattaché à l'école yogaçara, qui a grandement contribué à la philosophie idéaliste du zen, qui voit en la conscience l'unique réalité. La tradition en fait le texte de référence de Bodhidharma ; plus récemment, D.T. Suzuki l'a abondamment commenté. Les soutras de « perfection de la sagesse » que sont le Sūtra du Diamant et le Sūtra du Cœur sont également importants, ainsi que le Sūtra Shurangama particulièrement apprécié des courants syncrétistes, et le Samantamukha Parivarta, un chapitre du Sūtra du Lotus.
Parmi les textes écrits en Chine pendant les premiers siècles du chan, mentionnons le Sūtra de l’Estrade attribué à Huineng, sixième patriarche, ainsi que deux recueils de kōan, le Recueil de la falaise bleue (碧巖錄, en mandarin Biyan lu, en japonais Hekiganroku) composé au XIIe siècle, et La Barrière sans porte, composé au début du XIIIe siècle.

Notes [modifier]
chi. Pútídámó ou Dámó; jap. Bodaidaruma ou Daruma
chi. Houei'ko ou Dazu Huike; jap. Taiso Eka
chi. Seng-ts'an ou Jianzhi Sengcan; jap. Kanchi Sosan
chi. Dayi Daoxin; jap. Dai'i Doshin
chi. Hong-Jen, jap. Dai'man Konin
jap. Daikan Eno
sur décision d'un conseil de maîtres chan convoqué par le prince impérial sur ordre de l'empereur Dezong
sur décision d'un conseil de maîtres chan convoqué par le prince impérial sur ordre de l'empereur Dezong

Bibliographie [modifier]
Approches occidentales du bouddhisme zen, Michel Larroque, L'Harmattan 2003.
De Bouddha en patriarches, d'après le Denkò Roku de Maître Keizan, Roland Yuno Rech, Editions Yuno Kusen, ISBN 2-9515490-5-9
Entretiens de LIN-TSI (Rinzaï), Traduction Paul Demieville, Edition Fayard, 1972
Face au vrai dragon, Gudo Nishijima, Montpellier, Editions Nanabozho, 2006, ISBN 2-7518-0039-4)
L'art du kôan zen, Taïkan Jyoji, Editions Albin Michel, 2001, ISBN 2-226-12622-8
L'autre rive, Textes fondamentaux du Zen commentés par Maître Deshimaru, Albin Michel - Spiritualités vivantes, ISBN 2-226-03302-6
Le bol et le bâton, 120 contes Zen racontés par Maître Deshimaru, Albin Michel - Spiritualités vivantes, ISBN 2-226-02684-3
Les Cinq Degrés de l'Eveil, Kosen Thibaut, Editions du Relié, ISBN 2-914916-77-9
Nâgârjuna et la doctrine de la vacuité, Jean-Marc Vivenza, Editions Albin-Michel, 2001, ISBN 2-226-12227-3.
Un-Sui, Raphaël Doko Triet, Ediciones SEI-KYU-JI, ISBN 84-932494-0-8
Vrai Zen, Maître Taisen Deshimaru, Introduction au Shobogenzo, Edition AZI, ISBN 2-901844-13-8
"Zen at war" ou "Le zen en guerre, 1868-1945", du moine zen (soto) Brian Victoria, Paris, Éditions du Seuil, 2001)
Zen au fil des jours, Taïkan Jyoji, Le courrier du livre, 2006, ISBN 2-7029-0562-5
La voie du zen coréen, Kusan Sunim, Editions du Dharma 1999
Cendres sur le Bouddha, Seung Sahn Soen Sa, Editions du Seuil

Voir aussi [modifier]

Voir « zen » sur le Wiktionnaire.

Articles connexes [modifier]
Bouddhisme
Chan
Cinq grands temples
Ōbaku, Rinzai, Sōtō (Écoles du Zen)
Satori
Zazen

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